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Bruxelles, cité européenne, véritable pot-pourri de civilisations a bien des histoires, petites ou grandes, à raconter au curieux.

Jacques De Cerisy plonge dans le passé chaotique de cette ville, retrouve les visages disparus de ceux qui ont fait son Histoire et rapporte leurs gestes effacés par le temps.

Sous des dehors parfois tristes, la cité cache de l’exotisme et de l’extraordinaire. Presque partout surgissent les souvenirs, souvent indirects, la ville a tellement changé. Mais qu’à cela ne tienne, la mémoire est là. Les lieux ont disparu mais les endroits demeurent, cela suffit pour raconter cet autrefois…

« …c’était au temps où Bruxelles… »



mercredi 6 juillet 2011

La barque d'Isis


Pénétrant dans l’église de Notre-Dame-du-Sablon à Bruxelles, le visiteur aperçoit, vers le centre de la Nef, sur le côté droit, une barque.   Dans celle-ci, une Vierge à l’enfant, une femme en prière et au gouvernail, un homme. 

Plus loin, au-dessus de l’entrée latérale de l’église, une autre embarcation traitant le même sujet.  Ce groupe, plus ancien que le précédent, sculpté vers 1600, est un don du chirurgien privé des Archiducs.  Son portrait en médaillon est accroché au pied de la Vierge.   Ces barques figurent l’arrivée à Bruxelles, en 1348, par la rivière, d’une statue de la Vierge à l’Enfant.  

Selon l’une des légendes, une vieille anversoise, Béatrice Soetkens, vit en rêve la Vierge.  La Sainte lui demanda d’enlever dans l’église principale de sa ville, une statuette, vénérée sous le nom de Notre-Dame à la branche.  Béatrice obéit.  Présent, le sacristain voulut s’opposer à cette « soustraction » ordonnée par le Ciel.  Pétrifié par la volonté divine, le brave homme regarda, impuissant, la voleuse quitter les lieux emportant la sainte effigie.  Montée sur une barque conduite par son mari, Béatrice parvint rapidement à Bruxelles.

 Le duc et sa cour, le magistrat et les métiers, la reçurent à bras ouverts.  Ils transportèrent ensuite, joyeusement et avec pompe, la statue dans la chapelle du Sablon.  Les arbalétriers bruxellois formait l’escorte.


L’anniversaire de cet événement fut célébré tous les ans, par une procession accompagnée des arbalétriers. Elle prit, par la suite, un développement considérable.  De nos jours, cette procession est une jolie attraction touristique payante connue sous le nom d’Ommegang.

Inutile de chercher, dans l’église, Notre Dame à la branche, la statuette a disparu depuis longtemps. 

Notre Dame du Sablon s’appelait autrefois Notre Dame du cimetière.  L’agréable square du petit Sablon que l’on voit de l’autre côté de la rue, est bâti sur le sol de l’ancien cimetière de cette église. 
Autrefois, le samedi, jour consacré à Saturne, et à la mort, la Vierge en procession faisait le tour de l’enclos funéraire.  Elle chargeait alors, dans sa barque, pour les conduire vers la lumière, les bonnes âmes ayant payé leur sépulture dans le cimetière.

Cette pratique, de l’avis des ésotéristes, serait une transposition du mythe égyptien d’Isis et de la barque solaire, dernier voyage du défunt vers l’autre monde. 

Ainsi, la barque de la bonne Béatrice, ne serait qu’une adaptation du rite égyptien !   Au milieu de la barque, l’enfant Jésus dont la tête est coiffé d’un soleil  représente Râ, le dieu solaire.  Le mari de Béatrice au gouvernail désigne le défunt guidant la barque.  La Vierge symbolise la déesse Isis.  Le sceptre de la Vierge figure la croix ansée de l’éternité.  Béatrice incarne Nephtys la sœur d’Isis, protectrice des morts.
Qui était cette Béatrice choisie par la Vierge ?  On n’en sait rien.  Mais nous connaissons la légende de Sainte Béatrice qui présente des analogies avec celle d’Isis.



Béatrice vécut pendant le règne de l’empereur romain Dioclétien.  Ses deux frères furent décapités et leurs cadavres jetés dans le Tibre.  Leur sœur, Béatrice retrouva leurs corps et leur donna une sépulture décente.  Osiris fut tué et, son corps découpé, jeté dans le Nil.  Isis, sa soeur et épouse, le retrouva et lui donna une sépulture. 

Le choix du prénom de la pauvre anversoise n’est peut-être pas innocent.

Le culte égyptien d’Isis fut importé dans la Grèce antique.  Rome l’adopta ensuite.  Puis son culte se répandit dans les provinces romaines.  Plus tard, l’empereur Constantin converti au christianisme tenta d’imposer sa nouvelle religion dans tout l’Empire.  Malgré les avancées de la croyance officielle et les lois répressives de Théodose et de ses successeurs, le paganisme résista longtemps encore.    Saint-Ouen considérait ces peuples comme féroces et sans aucune notion du christianisme.   Dans nos régions, La Flandre ne fut évangélisée qu’à l’époque du roi Dagobert.  Dans le Nord de l’Europe, beaucoup honoraient encore la déesse égyptienne.  Alors, on masqua les temples païens en y bâtissant par-dessus des églises.  Les dieux et déesses antiques furent christianisés.  Ils se virent attribuer de nouvelles identités.  Ainsi, les trois cent soixante-cinq génies, que la Kabbale attribue à chacun des jours de l’année, furent baptisés des noms de trois cent soixante-cinq Saints.   Certains de ces Saints n’étaient que des appropriations de noms de dieux de la mythologie.  Ainsi Démeter devint Saint Démétrius, Dyonissii, Eleutherii, Rusticii devinrent respectivement Saint Denis, Saint Eleuthère et Saint Rustique.  Et le nom de Marie recouvrit celui de la déesse mère Isis. 




Les diverses appellations utilisées pour nommer Isis : « la reine du Ciel », « la mère de Dieu », « Celle qui a enfanté Dieu » ont été donnés à Marie, mère de Jésus.  L’Eglise donna à Marie un rôle exalté, largement au-delà de celui que lui attribuaient les Evangiles.


 Autrefois, la présence de la déesse égyptienne dans les églises n’était pas si rare que cela.  Des statues d’Isis échappées de la destruction se retrouvèrent dans les nouveaux temples, qui parfois avait été les leurs.  A Paris, dans l’église de Saint-Germain-des-Prés, on conserva longtemps, une grande statue en pierre d’Isis sur sa barque.  Un prêtre, au XVIIIe siècle, la détruisit.  Une autre effigie de pierre de la déesse logeait dans la cathédrale Saint-Etienne de Metz .  Elle mesurait environ cinquante centimètres.  A Lyon, une autre encore siégeait dans la cathédrale.  Chartres  possédait aussi son Isis qui fut remplacée par une Vierge noire.  


Il existe, de par le monde, des dizaines de ces Vierges de couleur noire.  L’Eglise ne s’est, apparemment, jamais trop préoccupée de cette particularité.  Dès les débuts du christianisme en Gaule, des Vierges noires apparurent.  En 416, à Marseille, arriva de l’Orient par bateau, l’une d’entre-elles.  En 620 à Boulogne-sur-Mer, venue par la mer sur une barque de pêcheurs, une autre Vierge noire arriva.
Avec l’avancée des études de religions comparées, des chercheurs ont envisagé que cette teinte foncée n’était pas fortuite mais voulue.  Des rapprochements furent faits avec les déesses des anciennes religions polythéistes.   Les recherches se portèrent en particulier sur les déesses-mères.  Les spécialistes remarquèrent les ressemblances entre les Vierges à l’enfant et les représentations d’Isis portant Horus. 
A Chartres, au Puy-en-Velay, et dans bien d’autres endroits encore, on rencontre des Vierges noires.  La plupart montrent sur leur soubassement, l’inscription : « A la Vierge qui doit enfanter ».  Des statues d’Isis étaient désignées sous le même vocable : « A Isis, ou à la vierge de qui le fils prendra naissance ».  Nombre des Vierges noires seraient de cette manière une  représentation discrète d’Isis, la déesse-mère.

Notre Dame à la branche dérobée à Anvers appartenait-elle à la catégorie de ces Vierges Noires ?  Les textes gardent le silence sur ce point.  Notre Dame à la barque serait-elle une représentation de la déesse égyptienne Isis ? L’énigme demeure.    

N.B. A Bruxelles, dans l’église de Sainte-Catherine, on vénère une Vierge Noire, repêchée en 1744, dans la Senne. 





















1 commentaire:

  1. Petite, retour des choses. ;)

    Cette momie de Béatrice, Soetkens qui ramène Isis christianisée depuis Anvers et Non, l’inverse. Le trou des cons et Là, barge A BruXElleS. Petite, barre parallèle de 6° pour François, SchuYten. Retour haut Mont, Cone d’AjhYlia avec sa Plume, Miroir. Dans la ville haut 7 collines je me Suis, significativement crécher à 2, Flèche de là Pierre, Noire entre voisins. En Revenant, de l’ermitage du Mont Carmel, à Rochefort. Mets, de l’huile petite Soeur de YhaVa. Gare A, Sa Chasseresse haut, Belvédère bande de Malins. A SarepTa, je ne pouvais effectivement pas Le, Savoir sans Toi, L’Esprit Simple.

    https://laguenon.wordpress.com/2016/01/16/chiites-vs-sunnites-avec-ta-bombe-h-toujours-a-lombre/

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